samedi 20 janvier 2007

Gilles Jobin, Double Deux - 16 janvier 2007

12 danseurs, 6 femmes et 6 hommes. Et une musique électronique aux rythmes obsédants (Cristian Vogel). Des couples qui se font, se défont, se mélangent, sans que ça n’aille de soi, avec des heurts, des chocs, des coups – de pied, de gueule -, des gifles , des chutes. Avec de la provocation, de l’arrogance (de la tendresse à peine), du sexe acrobatique, théâtral, et sidérant de vérité. Et puis ce cri final, ce cri muet, ce cri qui n’en finit plus de durer, vers l’autre qu’on n’atteint jamais, qu’on poursuit, qu’on combat, qu’on malmène, qu’on remplace, et qu’on appelle, qu’on rappelle, encore et toujours ?

J’ai aimé ces duos abrupts, qui montrent le corps à corps, la négociation, la bataille entre l’un et l’autre, et entre l’individu et le couple. Juste l’espace de la scène : le même espace pour le face à face et le face aux autres, les autres qui n’ont jamais une trajectoire parallèle, les autres qui déboulent, qui s’immiscent, qui séparent. Pas d’île déserte où vivre le couple en autarcie.
J’ai aimé la frénésie, l’urgence, le rythme qui disent bien le tempo de la vie ici et aujourd’hui.
J’ai aimé le kama sutra, magnifique et jouissif, virtuose, qui semble dire que le sexe (l’amour ?) est un art martial, et les membres du couple des adversaires qui se doivent de maîtriser les règles du combat. L'esprit du combat. Vous avez dit kata sutra ?

2 commentaires:

jerome.delatour a dit…

Bonjour

Et bravo pour vos critiques. Je vous ai mis de suite dans mes Incontournables et sur ma revue des blogs de danse (http://www.bloglines.com/public/imagesdedanse).

Continuez !
JD
http://imagesdedanse.over-blog.com/

Aminata a dit…

J'essaie de rendre compte de ce que la danse (ou autres) me dit, quand elle (et ils) me parle.
Je trouve magique l'alchimie entre le corps-l'image, l'espace et la musique, d'autant plus que je ne danse pas ! Alors j'écris...